18. forme infinies


Nous allons faire maintenant un peu de théorie, cela peut être utile pour les chapitres suivants. Ceux qui cela n'interesse pas, peuvent sauter ce chapitre. D'un point de vue théorique l'usage des formes infinies est compliqué. Le fait que cela ne présent aucun problème dans la pratique, ni en portugais, ni en français, s'explique par le fait que "intuitivement" nous utilisons ces formes correctement. La question interessant, quoique un peu "philosophique" est de savoir pourquoi nous sommes capable d'utiliser ces formes correctement. Il semble que ces structures sont determinées par la façon comme le cerveau humain veut verbaliser la réalité. Ce donc quelques chose que nous n'avons pas appris, mais plutôt quelque chose quasi "génétiquement" determinée. La théorie de Chomsky paraît absurde à premiere vue, mais plus en réfléchie la-dessus, moins on est sure qu'elle est fausse.

Dans les langues romanes il y a trois formes infinies: l'infinitif, le gérondif et le participe parfait. En français il y a une quatrième, le participe présent, qui est parfois, mais pas toujours, interchangeable avec le gérondif.

seulement participe présent est possible: Quoique sachant que c' était impossible, il l' a quand même essayé.
seulement gérondif est possible: Il arrive en courant.
tous les deux sont possibles: Faisant des efforts, il pourrait profiter de son intelligence.
En faisant des efforts, il pourrait profiter de son intelligence.

La distinction entre gérondif et participe présent ne se fait dans les autre langues romanes. Au deux formes infinies correspond une seul: le gerundio.

En portugais par contre existe une forme qui n'existe dans aucune autre langue romanes et très probablement dans aucune langue: l'infinitivo pessoal dont nous avons déjà parlé dans le chapitre 16.

Du gérondif / participe présent existent une form simple et une forme composée. Les formes composés décrivent une action comme achevée.

Pour avoir de l'argent, il faut travailler. <=> Pour avoir de l'argent, il faut avoir travaillé.
En travaillant en gagne de l'argent. <=> Ayant travaillé on est peut-être riche.

Le participe parfait décrit une action toujours comme achevée: L'argent gagné est vite dépensé.

Avec les trois formes on peut sustituer des propositions subordonnées et quelques fois une proposition subordonnée peut être sustitué avec les trois formes. En ce qui concerne la logique général il n'y a pas des differences entre le portugais et le français ou n'importe quelle autre langues romanes.

Après qu'il avait terminé le travail, il était content.
=> sustitution avec un infinitif (composé): Après avoir terminé le travail, il était content.
=> sustitution avec un gerundio (composé): Ayant terminé le travail, il était content.
=> sustitution avec un participe parfait: Terminé le travail, il était content.

Avec les trois formes infinies on peut sustituer des propositions temporelles, concessives, conditionelles, finale, adversatives, causales, modales, mais cela ne veut pas dire que dans n'importe quelle contexte on peut le faire avec tous les trois formes infinies, puisque a fonction syntactique de ces formes infinies est complètement différente.

Une des ces formes, l'infinitif, nous avons déjà vu dans le chapitre 16. Il est appellé infinitif, parce qu'il est infinie, ce qui signifie dans ce contexte indeterminé. (Ce qui le distingue de l'infinitive pessoal, qui est conjugé est pour cela determiné, mais peut avoir la même fonction syntactique que l'infinitif.) L'infinitif est un verbe sustantivé, autrement dit, il peut avoir la fonction syntactique d'un sustantif et peut être remplacé par n'importe quel sustanttif.

Lire est sa passion.
Les voitures sont sa passion.

Lire et voitures ont la même fonction syntactique. Lire a donc la fonction syntactique d'un sustantif. Dans ce cas là il est le sujet de la phrase. Mais il peut aussi être l'objet direct de la phrase.

Il aime se promener.
Il aime la pomme.

Les formes infinies sont utilisées surtout pour abréger des propositions subordonnées et en théorie c' est possible avec les trois formes, mais si cela est possible aussi dans la pratique dépend des aspects à prendre en consideration, par exemples la relation temporelle entre la proposition principale et la proposition subordonnée.

En portugais l'infinitif (composé) peut décrire anteriorité, coincidence ponctuelle est simultanéite avec des interruptions, mais, tout au contraire du gérondif, pas simultanéite.

La construction ao + infinitivo décrit coincidence ponctuelle. Cette construction n'est peut pas être traduit en français avec un infinitif.

anteriorité: Depois de ter feito o dever de casa, ele foi para a cama. <=> Aprés avoir fait les travaux domestiques, il s'est couché.
coincidence ponctuelle: Ao despedir-se disse: Adeus. <=> Quand il a pris congé, il a dit: Au revoir.

Pour exprimer la concordance ponctuelle avec un infnitif on a besoin d'un préposition qui exprime cette idée et cela n'existe pas en français et la concordance ponctuel ne peut donc pas être exprimé avec un infinitif en français. De même il n'est pas possible d'exprimer avec un infinitif la simultanéite de deux actions. Dans ce contexte seulement le gérondif / participe présent est possible. Pour donner une idée de ce qu'on aurait besoin pour construire avec un infinitif nous avons inventé une préposition fantasiste. (Assez souvent ça marche comme ça. On sustitue le que par un de et on reçoit la préposition correspondante: après que <=> après de, avant que <=> avant de.)


gérondif: Je l'attendais en buvant un café dans son bureau.
proposition subordonnée: Pendant que je l'attendais je buvais un café dans son bureau.
avec une prépostion fantaisiste: ~ Pendant de l'attendre, je buvais un café dans son bureau.

Malheuresement la préposition pendant de n'existe pas en français. Contrairement au gérondif l'infinitif ne peut pas par lui même décrire la relation temporelle. Il a besoin d'une préposition. Sans préposition nous savons, si on utilise le gérondif, que attendre et boire un café sont deux actions qui se déroule parallelement: En attendant, je buvais un café dans sons bureau. Nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre 18.1.7.

Du gérondif / participe présent existe des formes simples et composés. Les formes composés décrivent anteriorité en rélation avec le temps verbale de la proposition principale. L'infinitif ne décrit donc pas le temps verbale de manière absolue, mais de manière relative.Si on met une phrase au présent au passé, les formes composites infinies se déplacent automatiquement en arrière aussi. (Le gérondif décrit plutôt une rélation causale, l'infinitif seulement une rélation temporelle.)

Je m'en vais, après avoir fini. <=> Je m'en suis allé, après avoir fini.
Ayant fait le travail, je m'en vais. <=> Ayant fait le travail, je m'en suis allé.

L'infinitif et le gerundio sont des formes actives. Cela signifie que le sujet est aussi l'auteur de l'action décrite par le verbe. Le participe parfait est passif, ça veut dire que le sujet est le but de l'action décrit par le verbe, mais pas l'auteur. L'infinitif et le participe présent / gerondif hérite le sujet du verbe conjugé, le participe parfait a son propre sujet, le sustantif, auquel il se réfère. Le gérondif et le participe présent sont invariable, le participe parfait s'accord en genre et nombre avec le sustantif.

Dans des contextes determinés nous pouvons sustitué une propositions subordonnée par les trois forme infinies, mais d'un point de vue syntactiques se sont des constructions complètement différentes.

Après qu'il avait réparé la voiture, il était content.
1) infinitif: Après avoir reparé la voiture, il était content.
2) gérondif / participe présent: Ayant réparé la voiture, il était content.
3) participe parfait: La voiture réparée, il était content.

Dans le cas 1) et 2) la forme infinie hérite son sujet du verbe conjugé. Celui qui répare la voiture et la même personne que celui qui est content. Si nous mettons le verbe conjugé à la première personne pluriel, ceux qui réparent la voiture change aussi: Après avoir réparé la voiture, nous étions content. <=> Ayant réparé la voiture, nous étions content. Le cas 3) est different. Réparé a son propre sujet et nous ne savons pas, qui a réparé la voiture.

L'infinitif et le gérondif sont des formes actives, décrivent des actions et il se posent donc la question qui a réparé la voiture et intuitivement nous supposons que c'est le sujet du verbe conjugué qui a réalisé cette action. Le cas 3), le participe parfait, est différent. C'est une forme passiv, le sujet du participe, dans notre cas la voiture, et le but de l'action, mais pas l'auteur de cette action. Nous ne nous demandons pas automatiquement, qui est l'auteur de cette action et nous ne nous supposons pas que c'est le même que celui qui est content. Il est parfaitement possible que quelqu'un d'autre avait reparé la voiture.

En outre les fonctions syntactiques sont complètement différentes. L'infinitif a la fonction syntactique d'un sustantif dans ce genre des constructions et un sustantif n'établit pas par lui même aucune relation avec qui que ce soit, une phrase du genre "Le livre est la table" ne veut rien dire, il nous faut une préposition, "Le livre est sur la table" par exemple. De même il nous faut une préposition ici, "Avoir reparé la voiture, il était content" ne marche pas. Ça veut dire que nous pouvons sustituer une proposition subordonnée avec une construction avec infinitif s'il existe une préposition avec la même valeur semantique que la conjonction de la proposition subordonnée.

Le gérondif / participe présent a la fonction syntactique d'un adverbe. On général on peut le sustituer avec un adverbe pronominal. Dans notre exemple on pourrait sustituer le participe présent composé par en: Il en était content. Une adverbe ou un complement circonstanciel ne permet pas des préposition ou conjonction, "~Il après en était content" ne marche pas. Il n'y a donc pas aucune possibilité d'écrire explicitement la relation entre l'action décrite par le gérondif / participe présent et l'action décrite par le verbe. Il faut donc "deviner" cette rélation, ce qui en général n'est pas un problème. La phrase "Ayant réparé la voiture, il était content" peut signifier deux chose différente, mais ça revient au même.

Ayant réparé la voiture, il était content.
=> Après avoir réparé la voiture, il était content.
=> Puisqu'il avait réparé la voiture, il était content.

Parfois, la signification du gérondif / participe présent peut être déduite de la structure de la proposition principale. S'il s'agit d'une relation causale, il y a une préférence pour le participe présent.

Ayant réparé la voiture, il serait content.
=> S'il avait réparé la voiture, il serait content.

Le participe parfait a la fonction syntactique d'un adjectif, s'accorde donc en gendre et nombre avec le sustantif auquel il se réfère. Si on subsume le participe parfait dans le groupe des formes verbales infnies ce n'est pas à cause du fait qu'il est indeterminé, mais à cause du fait qu'il n'est pas clair qui est l'auteur de l'action. Si on veut le nommer on peut l'ajouter avec par.

La fête organisé par lui était un succès.

Dans de construction de ce genre le particpe parfait peut aussi être absolue, autrement dit sans sustantif.

Préparé par un bon cuisinier, c'est delicieux.

Le participe parfait en général est passif. Pourtant avec des verbes intransitifs il devient actif et la fonction syntactique change.

Arrivé a Paris, il est allé boire un café.

Ici nous avons une autre situation. Arrivé est actif, il nous faut donc un auteur de cette action et l'acteur et le même que celui du verbe conjugué. Si nous mettions le verbe conjugué à la première personne plurielle, les personnes qui arrivent à Paris changent aussi: Arrivés a Paris, nous sommes allés boire un café.

Pareil au gérondif / participe présent le participe parfait ne permet pas de préposition / conjonction. On doit donc deviner la rélation entre l'action décrite par le participe parfait et l'action décrite dans la proposition principale.

Préparé par quelqu' un qui sait le faire, c'est délicieux.
=> Si c'est préparé par quelqu' un qui sait le faire, c'est délicieux.

Le participe parfait ne révèle pas par lui même qu'il s'agit d'une proposition conditionelle. Par un effet magique nous comprennons cette phrase comme une propositions conditionelle. Par le même effet magique nous comprennons cette phrase comme und proposition relative.

Les arbres plantés le long de l' avenue présentent un risque pour le traffic.
=> Les arbres qui ont été planté le long de l'avenue présentent un risque pour le traffic.

Et par le même effet magique nous interprétons automatiquement cette phrase comme une proposition causale.

Arrivé avant l' heure prévue, il lui a fallu attendre.
=> Puisqu'il était arrivé avant l'heure, il lui a fallu attendre.

Resumée: Avec toutes les trois formes verbales, ou quatre en portugais si on considère l'infinitivo pessoal comme une forme à part, on peut sustituer des propositions conditionelles, causales, modales, concessives et relatives, mais cela ne veut pas dire, qu'on peut utiliser indifferement toutes les trois formes dans n'importe quelle contexte. La possibilité de sustituer une proposition verbale par une forme infinie dépend de la rélation temporelle, anteriorité / simultanéite / posteriorité, s'il y a une préposition qui correspond à la conjunction, si les sujets de la forme infinie et du verbe conjugé sont les mêmes ou pas et s'il faut éviter des l'ambiguïtés. Nous allons discuter sur ces aspects plus en détail dans les chapitres suivants. La chose est un peu compliqué d'un point de vue théorique, mais par une raison inconnue très simple dans la pratique. Peut-être parce que ça marche comme en français, peut-être parce que en général le cerveau humain comprend ces structures sans les avoir appris.






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